6 mai 2026

« How the World Made the West » de Josephine Quinn

Dans son livre, Josephine Quinn remet en question l’idée que l’Occident émane avant tout du monde gréco-romain de l’antiquité. Elle présente 4000 ans d’histoire. Eh oui, quatre millénaires de Byblos à l’Est de la Méditerranée à l’appropriation des Amériques par les Européens. Dans cette fresque, les peuples, les royaumes ou les empires se forment, évoluent, s’atrophient et en viennent à disparaître. Elle met amplement l’accent sur leurs échanges et, surtout, sur leurs influences mutuelles. Elle écrit en introduction : « …I want to make the case that it is connections, not civilizations, that drive historical change. » (page 5)

Il y a eu, bien sûr, des conflits et des guerres. Quinn ne se limite cependant pas à cela. Elle nous rappelle, avec bien des exemples à l’appui, l’importance du commerce, du partage des connaissances, des systèmes politiques, des relations diplomatiques, sans oublier, cela va de soi, les religions, les langues et même les épidémies.

Pour nous aider à nous y retrouver, il y a une carte au début de presque chaque chapitre pour faciliter le repérage des lieux géographiques et mieux comprendre l’évolution de ce qui se passe selon les époques.

Les détails abondent, peut-être trop parfois. Il y en a toutefois un bien intéressant sur l’origine du concept du zéro : un mathématicien d’origine indienne, Brahmagupta, l’a imaginé au début du septième siècle (page 377). *

Enfin, en ces temps où les influenceurs semblent avoir la cote dans le quotidien de bien de gens, Josephine Quinn y va plus sérieusement en élaborant sur les influences mutuelles qui ont façonné l’évolution de l’humanité sur 4000 ans.

* Je lisais récemment qu’en Corée du Sud les gens ont un an au moment de leur naissance; leurs législateurs examinent la possibilité de corriger cela; comme quoi de vieilles façons de faire peuvent perdurer bien longtemps. Tout comme au passage à l’an 2000, nous n’étions en fait qu’au début de 1999. Les gens qui avaient statué sur le début de l’ère chrétienne ne connaissaient vraisemblablement pas le concept du zéro.

How the World Made the West

Quinn, Josephine. « How the world made the West ». Random House (New York) ou Bloomsbury Publishing (London), 2024. 572 pages, dont 130 pages de notes. 

28 févr. 2026

« Throttle » : un mot, mais deux sens contraires

Dans la revue The Economist du 14 février dernier, à quelques pages d'intervalle, le mot « throttle » apparait, mais avec deux sens contraires. À la page 23, utilisé en tant que verbe, il prend le sens d'étouffer ou d'étrangler dans le titre « Debt and entrenched interests are throttling Brazil's economy ». À la page 27, comme nom, il prend un sens contraire dans « Full throttle » (à plein gas) pour décrire le rythme anticipé de la politique japonaise sous la gouverne de Takaichi Sanae. 

Il y a probablement en français des mots ayant un sens contraire, selon qu'ils soient utilisés comme verbe ou comme nom, mais il ne m'en vient pas à l'esprit au moment d'écrire ces lignes. Il y a toutefois bien des mots ayant des sens très différents selon le contexte, comme le mot « avocat » qui réfère aussi bien à un fruit qu'à un spécialiste du droit.