Dans son livre, Josephine Quinn remet en question l’idée que l’Occident émane avant tout du monde gréco-romain de l’antiquité. Elle présente 4000 ans d’histoire. Eh oui, quatre millénaires de Byblos à l’Est de la Méditerranée à l’appropriation des Amériques par les Européens. Dans cette fresque, les peuples, les royaumes ou les empires se forment, évoluent, s’atrophient et en viennent à disparaître. Elle met amplement l’accent sur leurs échanges et, surtout, sur leurs influences mutuelles. Elle écrit en introduction : « …I want to make the case that it is connections, not civilizations, that drive historical change. » (page 5)
Il y a eu, bien sûr, des
conflits et des guerres. Quinn ne se limite cependant pas à cela. Elle nous
rappelle, avec bien des exemples à l’appui, l’importance du commerce, du
partage des connaissances, des systèmes politiques, des relations diplomatiques,
sans oublier, cela va de soi, les religions, les langues et même les épidémies.
Pour nous aider à nous y
retrouver, il y a une carte au début de presque chaque chapitre pour faciliter
le repérage des lieux géographiques et mieux comprendre l’évolution de ce qui
se passe selon les époques.
Les détails abondent,
peut-être trop parfois. Il y en a toutefois un bien intéressant sur l’origine du
concept du zéro : un mathématicien d’origine indienne, Brahmagupta, l’a
imaginé au début du septième siècle (page 377). *
Enfin, en ces temps où les
influenceurs semblent avoir la cote dans le quotidien de bien de gens, Josephine
Quinn y va plus sérieusement en élaborant sur les influences mutuelles qui ont
façonné l’évolution de l’humanité sur 4000 ans.
* Je lisais récemment qu’en
Corée du Sud les gens ont un an au moment de leur naissance; leurs législateurs
examinent la possibilité de corriger cela; comme quoi de vieilles façons de
faire peuvent perdurer bien longtemps. Tout comme au passage à l’an 2000, nous
n’étions en fait qu’au début de 1999. Les gens qui avaient statué sur le début
de l’ère chrétienne ne connaissaient vraisemblablement pas le concept du zéro.