«The Ascent of Money», c’est l’histoire de l’évolution du
système financier. Ce qui va de soi aujourd’hui dans le monde de la finance : banques,
bourses, obligations, assurances, etc., Niall Ferguson nous en retrace les
origines, l’évolution, les innovations, les difficultés, les crises, ainsi que l’émergence et la
consolidation des institutions qui en soutiennent la pérennité.
Ferguson nous explique comment les humains en sont progressivement
venus à évaluer et à codifier leurs échanges, et à rechercher des moyens d’en
faciliter le paiement ou le financement. Il met en évidence comment la finance,
au sens large, vient appuyer la réalisation de projets, et contribue à accélérer
le développement et la prospérité économiques. L’auteur ne cache pas non plus
que les financiers se sont impliqués dans bon nombre de projets controversés ou
nuisibles sur le plan humain, dont les efforts de guerre. Les périodes d’instabilité économique et de
crise financière y sont aussi examinées afin, notamment, d’en tirer des
enseignements.
Parmi les multiples sections du livre qui ont suscité mon
intérêt, je vous en signale quelques-unes :
·
La contribution à la finance de la Famille
Medici;
·
La venue des Rothschilds au monde de la finance;
·
Le développement des concepts de base et du
marché de l’assurance en Écosse;
·
L’échec de la stratégie de financement des
efforts militaires du Sud durant la Guerre de Sécession aux États-Unis.
·
L’examen de la débâcle des Savings & Loan, du désastre de Long-Term Capital Management, ainsi que
la faillite de Enron, même s’il
s’agit d’histoires récentes.
Par contre, parfois, l’auteur prend des détours assez
longs pour amener ses sujets, comme ses références à l’ouragan Katrina, ce qui
peut être à certains égards ennuyants.
L’œuvre de Ferguson n’a pas l’ampleur et ne suscite pas
l’intérêt de livres d’histoire de plus grande portée, comme «La grande aventure de l’humanité»* ou «Christianity, the First Three Thousands
Years»**, mais je n’ai aucune hésitation à vous en recommander la lecture.
Par ailleurs, on commémorera bientôt les cent ans du
début de la première guerre mondiale. Le contenu des pages 298 et 299 du livre
de monsieur Ferguson vient nous rappeler que dans les années et les mois
précédant le début de cette guerre, bien des gens en étaient venus à croire
qu’une guerre entre les principales nations européennes était invraisemblable.
Enfin, voici quelques extraits du livre du professeur
Ferguson qui peuvent porter à réflexion :
«The historical reality,
as should by now be clear, is that states and financial markets have always
existed in a symbiotic relationship. Indeed, without the exigencies of public
finance, much of the financial innovation that produced the central banks, the
bond market and the stock market would
never have occurred.» (page 363)
«… most importantly,
without easy credit creation a true bubble cannot occur.» (page 123)
«The financial crisis
that struck the Western world in the summer of 2007 provided a timely reminder
of one of the perennial truths of financial history. Sooner or later every
bubble bursts. Sooner or later the bearish sellers outnumber the bullish
buyers. Sooner or later greed turns to fear.» (page 9)
«… I have come to
understand that few things are harder to predict accurately than the timing and
magnitude of financial crises, because the financial system is so genuinely
complex and so many of the relationships within it are non-linear, even
chaotic.» (page 16)
«But, as John Maynard
Keynes once observed, in a crisis ‘markets can remain irrational longer than
you can remain solvent’.» (page 329)
«For Christians,
lending money at interest was a sin. Usurers, people who lent money at
interest, had been excommunicated by the Third Lateran Council in 1179. Even
arguing that usury was not a sin had been condemned as heresy by the Council of
Vienna in 1311-12.» (page 36)
«There is no
question, certainly, that the financial revolution preceded the industrial
revolution.» (page 53)
«The principal driver
of bankruptcy turns out to be not entrepreneurship but indebtedness.» ( page 62)
«Inflation is a
monetary phenomenon, as Milton Friedman said. But hyperinflation is always and
everywhere a political phenomenon, in
the sense that it cannot occur without a fundamental malfunction of a country’s
political economy.» (page 105)
«Of all the lessons
that have emerged…, this remains the most important: that inept or inflexible
monetary policy in the wake of a sharp decline in asset prices can turn a
correction into a recession and a recession into a depression.» (page 164)
«Money is not metal.
It is trust inscribed…And now, it seems, in this electronic age nothing can
serve as money too.» (page 31)
Référence : Ferguson,
Niall. «The Ascent of Money - A Financial
History of the World». Penguin Group, 2008. 367 pages.
*Mon commentaire sur ce livre est à :
http://jailuetvous.blogspot.ca/2013/03/jai-relu-la-grande-aventure-de-lhumanite.html
**Mon commentaire sur ce livre est à :
http://jailuetvous.blogspot.ca/2011/09/jai-lu-christianity-first-three.html
*Mon commentaire sur ce livre est à :
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